Acarien phorétique sur un Onthophagus

  • Post published:20 novembre 2022
Onthophage avec acarien
Acarien sur Onthophagus ovatus - Componon-S 50mm/f2,8

Onthophagus ovatus (Linnaeus, 1767)

Coleoptera - Scarabaeidae - Scarabaeinae

Noms vernaculaires : onthophage, bousier

Le coléoptère et l'acarien

Voici les 2 protagonistes de cette photo :

  • Onthophagus ovatus, un petit coléoptère coprophage de 7mm. 
  • un acarien non identifié

La phorésie, précurseur de Blablacar

Il ne s’agit pas ici de parasitisme, mais de phorésie  (du grec phoros signifiant porter).
La phorésie est une interaction entre 2 organismes.
Un individu « hôte » en transportant un autre, dénommé le « phoronte ».

Cette interaction n’est pas exclusive aux arthropodes.
Le poisson rémora, voyageant accroché par une ventouse à un requin, une tortue ou un mammifère marin en est un exemple. 

Ici nous avons à faire à un acarien.
Ce dernier est solidement accroché, il est même collé par un filament à la chitine du coléoptère.

Même si il n’y a pas d’action de parasitisme direct sur l’insecte, lorsque les phorontes sont trop nombreux sur le même individu, cela le handicape fortement.
Cette surcharge entraine un surcroit de dépense d’énergie, en particulier lors de grands vols migratoires, pouvant entrainer indirectement l’épuisement et la mort.

Les onthophages, des coprophages fouisseurs

Comme les plus de 270 espèces de « bousiers » présentes en France, les coléoptères du genre Onthophagus se nourrissent d’excréments d’herbivores.
Mais tous les bousiers ne roulent pas leur boule de crottin.
La grande majorité adopte même une autre stratégie. C’est le cas de nos Onthophagus.

Pour pondre son œuf, la femelle Onthophagus va creuser une galerie sommaire sous l’excrément. Les onthophages sont dotés de fortes griffes sur les tibias antérieurs, destinés à fouiller le sol.
Au bout de cette galerie, elle va creuser une vaste chambre d’éclosion. 
Une fois ce labeur effectué notre Onthophagus va stabiliser les parois en les tapissant d’excrément collecté juste au dessus de son ouvrage. Elle va le talocher, comme on applique un crépi sur une façade.
Lorsque la chambre du petit est prête, la femelle peut enfin déposer son œuf sur la paroi.
Il ne reste alors qu’à amener la réserve de nourriture pour la future larve.

Du premier choix pour bébé !

Pour assurer le développement optimal rien de tel qu’une alimentation riche et de qualité.
Pour cela, notre Onthophagus va plonger au cœur du problème, ou plutôt du caca.
C’est au centre de la matière qu’il est sûr de prélever de l’excrément bien souple, non souillé de terre, de l’appellation contrôlée !
Il s’en va alors malaxer, pétrir et tasser la matière jusqu’à remplir le garde manger de sa future progéniture.
Puis l’orifice de la cellule sera rebouché.
La femelle Onthophagus va alors creuser une autre chambre d’éclosion, pour y déposer un autre œuf.

Une tapisserie comestible

Dans ses « Souvenirs entomologiques », Jean-Henri FABRE décrit qu’après avoir enduit les parois de la chambre pour les consolider, la femelle onthophage les recouvre d’une régurgitation verdâtre.
Sans doute un malaxage d’excrément plus digeste et qui sera à portée de la jeune larve dès sa sortie de l’œuf.
Le « lait premier âge » avant de s’attaquer à la nourriture de grand.

Acarien sur onthophage
Détail sur l'acarien accroché sur le dos d'Onthophagus - Lomo 8x/0,20

Optique : voir légende photo
Boitier : Fuji X-T2
Soufflet macro : Nikon PB-6.
Rail motorisé : « Ultra-rail » de MJKZZ
Eclairage : panneaux LED  Yougnuo yn300air et diffuseurs maison
Logiciels : Zerene Stacker, Affinity Photo et Capture One Pro.

Références externes

Wikipedia : Onthophagus
Wikipedia : Phorésie
Souvenirs Entomologiques de J-H Fabre : Cellule d’onthophage

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