Atta mexicana, fourmi champignonniste

  • Post published:26 octobre 2022
Portrait de gyne de fourmi Atta mexicana
Gyne Atta mexicana - Mitutoyo 5x/0,14 et DCR-250

Atta mexicana (F. Smith, 1858)

Hymenoptera - Formicidae - Myrmicinae

Noms vernaculaires : fourmi champignonniste, fourmi coupeuse de feuilles

Description et habitat

Comme son nom l’indique, Atta mexicana est une fourmi que l’on trouve au Mexique.
Elle y est appelée « la hormiga chicatana« .
Elle est aussi présente en Arizona.

Atta mexicana est de couleur brun foncé.
Elle est dotée de mandibules puissantes qui se croisent une fois fermées, comme des cisailles. Elles lui permettent de découper les feuilles les plus dures.

La reine mesure jusqu’à 22mm.
Elle peut vivre plusieurs dizaines d’années.
Les ouvrières mesurant de 3 à 16mm et les soldats 18mm. Les 2 castes sont dotées d’épines sur le pronotum.

Champignonnistes hors pair

Un champignonniste est un éleveur de champignons.
Dans ce domaine, Atta mexicana et plus généralement tout le genre Atta sont des maitres.

Avant de s’envoler pour leur vol nuptial, les jeunes reines ont pris soin d’emporter dans leur jabot un minuscule morceau du champignon de leur fourmilière d’origine.
Après avoir été fécondée, notre nouvelle reine va devoir commencer la fondation de sa colonie.

Elle va tout d’abord régurgiter et mettre en culture le précieux morceau de champignon qu’elle avait emporté.
La loge ne mesure alors que quelques centimètres de diamètre.
Enrichi de déjections et de micros morceaux de matières organiques, le champignon va grossir.
Lorsqu’il mesure plusieurs centimètres, la reine peut commencer à pondre. 
Jusqu’à ce que les premières ouvrières adultes voient le jour, la reine ne s’alimente pas. Elle doit entretenir la croissance du champignon et nourrir les larves.
Puis les ouvrières prennent le relais pour les soins et du champignon et des larves.

Pour la croissance du champignon, les ouvrières vont découper des morceaux de feuilles, de fleurs.
Elles forment des colonnes faisant d’incessantes allées et venues.
Quand la chambre a suffisamment grandie, il est temps de s’attaquer à la construction d’une nouvelle. Et ainsi de suite.
La « pousse » d’une nouvelle chambre débute à partir d’un morceau de champignon prélevé sur une chambre existante.

Le gite et le couvert

N’avez vous jamais rêvé de vivre dans une maison en gâteaux et pain d’épices, qui vous abriterait et vous nourrirait ? (tiens ça me dit quelque chose)
Et bien c’est ce que font nos fourmis champignonnistes.
En effet, le champignon géant leur procure non seulement leur abri mais aussi leur nourriture.
Il sécrète des boulettes de protéines qui sont la seule nourriture de nos Atta.
En échange les fourmis lui apportent les débris végétaux dont il a besoin pour vivre et croitre.

Il y a symbiose totale entre champignon et fourmis.
L’espèce de champignon élevée par Atta mexicana s’appelle Leucoagaricus gongylophorus, un Agaricaceae. 

Activité sur le champignon

Voici l’activité qui règne à la surface du champignon/nid. 
Il s’agit ici de une autre espèce, Atta cephalotes.
On y distingue la différence de taille entre les différentes castes (avec un soldat en haut gauche).
La photo est de Thibaud Atta, myrmécologue et éleveur de fourmis, qui m’a aussi confié le spécimen que je vous présente.

Nid de fourmi champignonniste
Nid de Atta cephalotes ©Thibaud Atta

Des colonies gigantesques

La reine consacre maintenant tout son temps à la ponte, la colonie grandit de façon exponentielle.
Et plus il y a d’ouvrières, plus la croissance du champignon est rapide.

Certaines espèces d’Atta sont ainsi capables de fonder des colonies de plusieurs milliers, voire plusieurs millions d’individus.
On trouve les plus importantes fondations chez Atta sexdens et Atta vollenweideri  (de 4 à 8 millions).
L’emprise de telles fourmilières peut alors atteindre 600m², et s’enfoncer sur plusieurs mètres.

A propos de la photo d'illustration

Le spécimen photographié est une gyne, c’est à dire une reine fécondée qui a arraché ses ailes.
On peut très bien voir, sur le dessus de la tête les 3 ocelles (« yeux simples ») que ne possèdent en général que les fourmis en capacité de voler (les reines et les mâles). Mais je ne saurais faire de ce cas une généralité à toutes les espèces.

Mon modèle a malheureusement les deux antennes cassées, mais c’est le seul spécimen que je possède et je tenais quand même à vous la présenter.

Optique : voir légende photo
Boitier : Fuji X-T2
Soufflet macro : Nikon PB-6.
Rail motorisé : « Ultra-rail » de MJKZZ
Eclairage : panneaux LED  Yougnuo yn300air et diffuseurs maison
Logiciels : Zerene Stacker, Affinity Photo et Capture One Pro.

Références externes

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