Lorsque la session de prise de vue en focus-stacking est terminée (« Micro-studio : le matériel photo »), il faut assembler, ou plutôt « empiler » toutes ces images.
C’est ce processus je vous propose de découvrir ici.

Table des matières

Pourquoi le focus stacking ? (petit rappel)

Une photo unique prise à fort grossissement est inexploitable. La zone de netteté n’est parfois que de quelques microns.
Par contre, en assemblant une suite d’images réalisée en modifiant juste la mise au point, on augmente cette zone de netteté (profondeur de champ). C’est la technique appelée focus stacking (« empilement de mise au point »).

On peut ainsi augmenter  » à l’infini » la profondeur de champ.
C’est l’épaisseur du sujet qui détermine le nombre de photos nécessaires :

Par exemple, un timbre nécessitera un stacking bien moins important qu’un morceau de sucre, pour avoir le sujet entièrement net sur toute son épaisseur.

Ce processus peut être automatisée, grâce à l’usage d’un rail motorisé, voir l’article sur le matériel photo du microstudio.

Le traitement du focus stacking

Empilement des images avec Zerene Stacker

Il existe différentes solutions pour assembler des stacks :

– Photoshop ou Affinity Photo proposent un outil dédié
– d’autres logiciels sont spécifiques à cette tache, Helicon Focus ou Zerene Stacker étant les plus connus

Pour ma part j’utilise Zerene Stacker, qui possède un outil de retouche efficace.
Ces applications fonctionnent très bien.
Mais il est fréquent qu’il faille reprendre manuellement des problèmes de chevauchement des plans. Ceci arrive en particulier sur les poils ou les pattes.

Zerene Stacker en action

L’illustration ci dessous montre le fonctionnement du logiciel Zerene Stacker en train d’empiler les images d’une guêpe Vespula germanica.
A gauche la liste des photos de la « pile », la photo de gauche est une des photos de la pile et la photo de droite affiche l’image finale en train de se construire au fur et à mesure de l’assemblage.

La photo finale est dans cet article : Vespula germanica, guêpe germanique.

Exemple utilisation Zerene Stacker
Capture d'écran de Zerene Stacker pendant un empilement

Une autre capture d’écran, à la fin de l’assemblage d’une série sur une fourmi tisserande.

Empilement Zerene Stacker sur fourmi tisserande Oecophylla smaragdina

Un exemple de pile

Voici la série de photos d’un stacking d’un bupreste du pin.
Il y a 70 images, qui une fois empilées permettront d’avoir le portrait de ce coléoptère avec une profondeur de champ correcte.

Planche de photos qui seront assemblées en stacking

Et le stacking panoramique ?

Que faire lorsque le sujet ne rentre pas dans la cadre, à part changer d’objectif ?
Et bien le panoramique se combine très bien au stacking. 
L’avantage de cette méthode est aussi d’obtenir des fichiers très riches en détails. On peut donc l’utiliser sciemment, même sur de petits sujets, pour obtenir une définition extrême.

Dans la pratique, la création de pile est la même que pour un stacking simple.
L’étape supplémentaire et délicate consiste à déplacer le sujet entre chaque pile.
L’utilisation de rails micrométriques permettant les translations est une garantie de ne pas désaxer le sujet entre les différentes piles.

En post traitement, on commence par assembler chaque pile, comme un stacking simple.
Puis les photos obtenues (1 par pile) sont assemblées dans un logiciel qui gère les panoramiques.
Affinity Photo ou Photoshop font le job.

Assemblage panoramique de 4 piles d'images

Ci-dessous les 4 piles d’images qui ont permis de réaliser un panoramique de ce petit coléoptère, Oryzaephilus surinamensis  (3mm de long) qui affectionne particulièrement les céréales, comme le riz.
Vu la taille du sujet, le choix du panoramique était uniquement dans le but d’obtenir une image finale avec une plus grande définition.
Retrouvez l’article ici : « Oryzaephilus surinamensis, le silvain » 

Présentation d'un assemblage panoramique dans Affinity Photo
L'assemblage "brut" du panoramique dans Affinity Photo

Une session plus lourde, avec 9 piles de photos.

Voici les planches de stacks de la session de photographie d’un phasme feuille.
Vous retrouverez l’assemblage final terminé dans cet article : « Phyllium giganteum, la phyllie géante ».

Ici le choix d’un stacking panoramique s’est imposé par la taille du spécimen (10cm de long).

Bien que le grossissement ne soit que de 0,5x, plus de 1.000 photos ont été nécessaires pour arriver au résultat final.
Et cela m’a permis d’obtenir un fichier final de 432 mégapixels, soit une définition 18x supérieure à ce que j’aurais obtenu avec une simple prise de vue avec mon boitier de 24mp !

A suivre .. La retouche numérique ..

Les images de notre stacking sont empilées.
Nous avons sous les yeux notre image finale à l’état brut.
Il est temps maintenant de s’attaquer au post-traitement à proprement parler.
Je vous donne rendez vous dans un prochain article pour traiter ce sujet ..

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