Afin de comprendre le processus de création des images, je vous invite à faire un petit tour au micro-studio.
Voici une présentation du matériel essentiel.

Le micro studio
Le micro-studio, ou comment combiner préparation, prise de vue, post-traitement dans un espace restreint.

L'appareil photo et les optiques

L’appareil est un boitier numérique hybride Fuji x-t2 avec capteur de format APS-C (23,6×15,6mm).

Le boitier est couplé à un soufflet macro Nikon BP-6 par le biais d’une bague d’adaptation Nikon/Fuji. Ce soufflet était la « rolls » des soufflets du temps de l’argentique et on le trouve maintenant en occasion. Sa construction et le montage avec 2 rails en fait un excellent modèle pour la macro extrême.

Exprimer le grossissement ou le champ couvert ?

Prenons l’exemple d’un rapport de reproduction de 1x (1:1), qui signifie que l’on photographie un objet à sa taille réelle. Si le sujet est une règle, 1cm de la règle mesurera 1cm sur le capteur.
Avec un boitier au format APS-C, la largeur du champ photographié (fov) est de 23,6mm.
Avec un boitier dit plein format, c’est à dire un capteur 24x36mm, la largeur du champ photographié (fov) est alors de 36mm.
[En reprenant l’exemple de la règle, au rapport 1x, sur un boitier APS-C nous verrons 2,36cm des graduations dans le viseur, alors qu’avec un boitier plein format nous verrons 3,6cm de cette même règle. et pourtant dans les 2 cas nous sommes à un grossissement de 1x]

Le champ couvert est appelé fov (field of view), qu’on peut traduire par le champ de vision.
Il peut être plus explicite d’exprimer le fov d’une photo que le grossissement.
Le grossissement est lié au montage optique utilisé, mais en fonction de la taille du capteur de l’appareil photo utilisé le fov sera différent.  

Les optiques

Pour revenir à nos moutons, ou plutôt à nos optiques, voici celles avec lesquelles je travaille actuellement, dans l’ordre croissant de grossissement :

  • Rodenstock Apo-Rodagon-D 1x 75mm f4, un objectif de reproduction optimisé pour travailler au rapport 1:1. Je l’utilise sur une plage de 0,5x à 1,5x soit un FOV de 46mm à 
  • Minolta Delite 5400, du moins l’optique de cet excellent scanner de négatifs. Une minuscule pièce mais de très grande qualité. Utilisée de 2x à 3x
  • Lomo 3,7x/0,11 un objectif de microscope russe qui date mais jouit d’une sérieuse réputation dans le monde de la macro. Exploité entre 3x et 4x. De type fini il ne demande pas d’accessoire complémentaire (hormis une bague d’adaptation) pour être opérationnel.
  • Mitutoyo MPlanApo 5x/0,14 ; 7,5x/0,21 ; 10x/0,28 des objectifs de microscope récents, connus pour offrir une grande et confortable distance de travail (~35mm entre la lentille frontale et le sujet). Ces objectifs, de type infini,  nécessitent un groupe optique supplémentaire pour être exploités. Les bonnettes macro Raynox DCR-150 et 250 remplissent parfaitement ce rôle, pour un coût très raisonnable.
  • Olympus LMPlanFLN 20x/0,40, Un objectif aussi récent, également de type infini. Là encore l’association à une Raynox, ou autre groupe optique, est indispensable.
Complément optique pour les objectifs de microscope infini
  • Raynox DCR-150 et DCR-250, ces bonnettes sont connues pour leur qualité en macrophoto, mais ici leur usage est détourné. Elles servent de groupe optique pour exploiter les objectifs de microscope de type infini ci-dessus. Elles n’ont pas le même tirage optique et le montage de l’une ou l’autre permet d’obtenir 2 grossissements différents pour le même objectif.
 

Le rail motorisé

C’est la pièce spécifique pour la pratique du focus stacking.
Il existe des rails micrométriques manuels, très précis, et qui permettent d’obtenir de très bons résultats. Mais sur des stacks de plusieurs centaines de photos la manipulation peut vite devenir fastidieuse, et chronophage !
L’ensemble boitier/soufflet/objectif est solidement fixé sur le rail motorisé (modèle MJKZZ Ultra Rail).
Ce rail est composé d’une vis sans fin et d’un micro moteur. La précision de l’avancée est de l’ordre du dixième de micron (0,0001mm).
Une petite télécommande infra rouge pilote le boitier de commande. Une fois les paramétrages effectués et la prise de vue lancée, c’est ce boitier qui gère l’avancée du rail et le déclenchement de l’appareil. Quant au photographe, il peut aller prendre un café !

rail motorisé focus stacking

L'éclairage

Qui dit studio dit éclairage maitrisé.
Celui ci est assuré par des panneaux Yongnuo led yn300air avec adaptateur secteur. Ils assurent un éclairage continu de qualité, un bon indice de rendu des couleurs (IRC), un réglage précis de l’intensité lumineuse et de la balance des blancs. Les 3 panneaux sont montés sur des bras articulés et peuvent être orientés comme je souhaite.
L’éclairage est un des facteurs essentiels de la réussite d’une image. Et une des clés de cette réussite est le dosage de la diffusion lumineuse. Pour cela tous les moyens sont bons, ou presque.. et c’est une quête perpétuelle pour trouver l’accessoire ultime pour créer la plus belle lumière. Je peux vous citer en vrac : polystyrène, plexiglas, pot de yaourt, calque, .. bref il faut être inventif afin de créer l’ambiance souhaitée pour le résultat souhaité.

Les accessoires indispensables, ou pas ..

Il y a aussi beaucoup d’accessoires qui s’avèrent utiles, si ce n’est essentiels.
Du pinceau à 1 poil, pour dépoussiérer la tête d’une fourmi, au bras articulé pour supporter l’éclairage ou les diffuseurs, la liste et  longue et fera l’objet d’un petit inventaire dans un autre article.

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