Afin de comprendre le processus de création des images, je vous invite à faire un petit tour au micro-studio.
Voici une présentation du matériel que j’utilise, cet inventaire n’est pas exhaustif et est amené à évoluer en fonction des besoins.

L'appareil photo et les optiques

L’appareil est un boitier numérique hybride Fuji x-t2 avec capteur de format APS-C (23,6×15,6mm).
[Parenthèse technique : C’est à dire qu’au rapport de grossissement 1x, la largeur du champ photographié sera de 23.6mm. Le champ couvert est appelé fov (field of view), qu’on peut traduire par le champ de vision. Il est parfois plus parlant d’exprimer le fov d’une photo que le grossissement. ]

Le boitier est couplé à un soufflet macro Nikon BP-6 par le biais d’une bague d’adaptation Nikon/Fuji. Ce soufflet était la « rolls » des soufflets du temps de l’argentique et on le trouve régulièrement en occasion. Sa construction et le montage avec 2 rails en fait un excellent modèle pour se lancer dans la macro extrême.

Pour revenir à nos moutons, ou plutôt nos optiques, voici celles avec lesquelles je travaille actuellement, dans l’ordre croissant de grossissement :

  • Rodenstock Apo-Rodagon-D 1x 75mm f4, un objectif de reproduction optimisé pour travailler au rapport 1:1 ; je l’utilise sur une plage de 0,5x à 1,5x
  • Minolta Delite 5400, du moins l’optique de cet excellent scanner de négatifs. Une minuscule pièce mais de très grande qualité. Utilisée de 1,5x à 2,5x
  • Lomo 3,7x/0,11 un objectif de microscope russe qui date mais jouit d’une sérieuse réputation dans le monde de la macro. Exploité entre 3x et 4x
  • Mitutoyo 5x/0,14 un objectif de microscope récent, de type infini, qui nécessite un groupe optique intermédiaire pour être exploité.
  • Mitutoyo 7,5x/0,21, comme le précédent. 
  • Mitutoyo 10x/0,28 comme les 2 précédents.
  • Olympus LMPlanFLN 20x/0,40, comme les objectifs Mitutoyo cité ci-dessus cet objectif de microscope est de type infini et  nécessite un groupe optique intermédiaire.
  • Raynox DCR-150 et DCR-250, ces bonnettes sont connues pour leur qualité en macrophoto, mais ici leur usage est détourné car elles servent de groupe optique pour exploiter les objectifs de microscope de type infini ci-dessus.

 

Le rail motorisé

C’est la pièce spécifique pour la pratique du focus stacking.
Il existe des rails micrométriques manuels, très précis, et qui permettent d’obtenir de très bons résultats. Mais sur des stacks de plusieurs centaines de photos la manipulation peut vite devenir fastidieuse, et chronophage !
L’ensemble boitier/soufflet/objectif est solidement fixé sur le rail motorisé (modèle MJKZZ Ultra Rail).
Ce rail est composé d’une vis sans fin et d’un micro moteur. La précision de l’avancée est de l’ordre du dixième de micron (0,0001mm).
Une petite télécommande infra rouge pilote le boitier de commande. Une fois les paramétrages effectués et la prise de vue lancée, c’est ce boitier qui gère l’avancée du rail et le déclenchement de l’appareil. Quant au photographe, il peut aller prendre un café !

L'éclairage

Qui dit studio dit éclairage maitrisé.
Celui ci est assuré par des panneaux Yongnuo led yn300air avec adaptateur secteur. Ils assurent un éclairage continu de qualité, un bon indice de rendu des couleurs (IRC), un réglage précis de l’intensité lumineuse et de la balance des blancs. Les 3 panneaux sont montés sur des bras articulés et peuvent être orientés comme je souhaite.
L’éclairage est un des facteurs essentiels de la réussite d’une image. Et une des clés de cette réussite est le dosage de la diffusion lumineuse. Pour cela tous les moyens sont bons, ou presque.. et c’est une quête perpétuelle pour trouver l’accessoire ultime pour créer la plus belle lumière. Je peux vous citer en vrac : polystyrène, plexiglas, pot de yaourt, calque, .. bref il faut être inventif afin de créer l’ambiance souhaitée pour le résultat souhaité.

Les accessoires indispensables, ou pas ..

Comme vous pouvez le voir sur la photo ci dessus, hormis l’ensemble rail/boitier il y a quelques accessoires qui facilitent la prise de vue, la mise en place du sujet et de l’éclairage.
Il est indispensable de pouvoir déplacer le sujet de façon millimétrique pour affiner le cadrage ou bien pour réaliser des panoramiques. Pour cette raison le support du spécimen est installé sur un montage de rails qui permettent de bouger délicatement dans les 3 dimensions par rapport à l’objectif : haut/bas, gauche/droite, avant/arrière (ce dernier axe étant moins essentiel car aussi géré par le rail auto).

Mais avant : la préparation des spécimens

Avant la prise de vue il est une série d’étapes très importantes, très délicates et qui peuvent s’avérer très chronophage : la préparation du sujet avant de passer devant l’objectif !
Du succès de ces phases dépend la réussite du résultat final.
Sujet tout séché,  gorgé d’eau, ou durci dans l’alcool, chaque cas nécessite d’adapter le traitement en fonction de l’état initial.
Le nettoyage  : eau tiède savonneuse, pinceaux, bac à ultra-sons, poire soufflante, éthanol,
La détente (lorsque le sujet est rigide) : bac hermétique, éponge,
L’étalage : épingles entomo, pinces à épiler, plaque d’émalène, loupe binoculaire.